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Que m'est-il vraiment arrivé? Est-ce un viol?

#1  30125

Fairy
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Que m'est-il vraiment arrivé? Est-ce un viol?

Bonjour,

Je vais tenter sur ce forum de parler de quelque chose qui me ronge de l'intérieur et dont je ne parle jamais. Cela risque d'être un peu long mais j'ai vraiment besoin d'essayer de ressituer les faits, trouver les mots et vider mon âme de tout le poids des émotions accumulé depuis près de 6 ans.

J'avais 22 ans, il en avait 32. Il bossait dans un commerce où nous nous rendions avec ma mère (avec qui je n'ai jamais eu de bonnes relations et je n'ai plus de contacts aujourd'hui). Je l'appellerai X pour plus de facilité. Ma mère n'arrêtait pas de parler de lui. Pour lui, ce gars était si parfait, si beau, si charismatique et marrant qu' on eut pu croire qu'elle avait le béguin pour lui. Elle disait sans cesse qu'il me trouvait mignonne et que je devrais passer plus de temps avec lui. Elle le considérait comme un ami et discutait régulièrement sur le net avec lui. Moi, je sortais d'une dépression avec anorexie. J'étais perdue et malheureuse. Lorsque je me montrais triste elle disait (dsl si ce que je dis choque) "Oh tu devrais te faire sauter par X ca te ferait du bien" "T'as besoin d'un mec plus âgé que toi" "Tu as besoin de quelqu'un avec du plomb dans la tête" Alors que j'avais déjà un petit copain (avec qui ça ne se passait pas très bien au vu de nos différences culturelles et que ma mère n'aimait pas). Moi, ce X je le trouvais moche et bien trop vieux. Voilà, le décor est planté.

Poussée par ma mère, j'ai commencé à aller chez lui. Et je suis finalement devenue super confiante en cette personne qui prenait du temps pour m'écouter. Peu à peu et sans que je m'en rende compte, il m'a éloignée de  mes amis. Il disait qu'il savait de source sure qu'une telle ou une telle disait des choses dans mon dos. Il a réussi à me faire croire que personne ne m'aimait. Fragile, j'ai fini par tomber dans le panneau. Je me montrais sceptique à chaque fois mais il était tellement convainquant... J'ai fini par me dire que j'avais bien de la chance que lui au moins veuille de moi. Car il disait aussi que je me tenais mal, que je ne parlais pas comme une femme. Il me disait comment j'aurais du me coiffer, que je faisais bien trop de grimaces en parlant. Bref, j'ai perdu toute ma personnalité pour devenir un espèce de visage sans expression. Il me montrait comment marcher, disait que je ne me tenais pas correctement...Je n'osais plus rien faire spontanément, j'essayais de faire ce qu'il attendait de moi. (Je ne me suis rendue compte de tout cela que bien plus tard) Il disait des choses comme "Nous deux, nous sommes liés pour la vie. Tu ne peux rien faire sans moi" Moi, je me confiais beaucoup sur ce que je vivais avec ma mère (donc, je cassais du sucre dans des conversations sur msn)
En en effet, nous parlions beaucoup sur msn...  Ce que je ne savais pas c'est que quand je me penchais par exemple, il faisait un print screen (je suppose) enfin bref il prenait des images de moi (décolleté)Un autre jour, il m'a dit "cap ou pas cap de me montrer ton soutif" J'étais jeune et je ne résistais pas à un cap ou pas cap. Pour moi, c'était mon meilleur ami et un soutif et un maillot c'est pareil après tout. J'ai montré mon soutif. Je l'ai vu rire. J'ai ri aussi. Il m'a dit "t'es vraiment grave" En fait, il avait pris la photo et je ne le savais pas

Un jour il est venu me chercher et avant d'aller chez lui, sans rien me dire, est passé prendre sa filleule de 12 ou 13 ans. Je suis restée très mal à l'aise dans la voiture car il avait dit: je vais chercher du linge chez ma mère mais il est revenu avec sa filleule que je n'avais jamais vu. J'étais déstabilisée et je n'ai rien demandé.
Arrivés chez lui, il a branché la console, a donné une manette à la petite et m'en a tendu une. Je n'avais aucune envie de jouer à la console. L'atmosphère était bizarre. Je ne comprenais pas ce qui se passait, ce qu'il attendait de moi. Il m'a dit un truc du genre que j'étais une petite fille, que les gamines jouaient ensemble... Je ne sais plus très bien. Il nous a regardées jouer. Je me sentais très mal car j'avais le sentiment que quelque chose se tramait.

A un moment, il m'a dit de le suivre et a demandé à sa filleule de rester là et qu'il arrivait. Il m'a entrainée dans la chambre et a fermé la porte. Ensuite il m'a dit que si je couchais avec lui, il se rendrait surement compte qu'il était amoureux de moi. Je me sentais seule je n'avais plus personne. Je ne l'aimais pas. Il me faisait croire que je n'avais que lui. Je lui ai répondu que je ne coucherais jms avec lui (ca faisait 8 mois que je disais cela) On m'avait mis en garde en me disant qu'il avait fait un pari à ce sujet mais lui m'a juré que c'était faux. Il m'a dit: regarde moi je ne suis pas le genre à faire cela je suis trop classe... (dents blanches, vêtements de marque... arrogant. Le genre de type qui vous crie dessus si vous touchez au tableau de bord de sa voiture et se fait faire des manucures)
Je ne voulais pas . Je n'avais pas envie. Mais il m'a dit que si je ne le faisais pas je me retrouverais seule, que je ne saurais jamais si il m'aime... Il a dit "Tu ne vas pas faire un scandale, la petite entend tout elle est à côté."  Il m'a dit que c'était la dernière chance qu'il me donnait. J'ai eu l'impression que c'était une question de vie ou de mort. Je ne savais pas quoi faire. Je me suis sentie prise au piège. Cela faisait 8 mois qu'il me manipulait sans que je m'en rende compte. Cela faisait 8 mois qu'il parlait de ça sur le ton de la rigolade et que je disait fermement que je ne coucherais jamais avec lui, qu'il était mon meilleur ami. Je ne me rappelle plus de toutes ses paroles mais elles étaient vraiment convaincantes. Il me faisait ressentir combien j'avais de la chance qu'il s'intéresse à moi et répétait tout le temps que je n'étais pas une femme mais une gamine. "Sois une femme". J'avais très peur qu'il me rejete.

Tout s'est passé dans le silence. Il a annoncé la couleur tout de suite: je ne mets pas de préservatif (genre: je suis trop bien pour ca) Il m'a dit: je suis propre" Pour lui c'était une insulte. Pourtant c'est la seule chose que je réclamais... Ensuite, tout a été silencieux. Je me souviens lui avoir fait une fellation car j'avais vraiment peur d'avoir mal. Je me suis dit vite vite que ça soit fini. Je me sentais obligée... Pendant l'acte je pleurais.

Le lendemain matin il est venu m'apporter la pilule du lendemain devant chez moi. Il était distant et m'a dit de bien la prendre.
J'avais mal, vu qu'il avait fallu forcer... J'ai essayé d'aborder le sujet avec ma mère. Tout ce qu'elle a compris c'est que j'avais couché avec X. Elle a rit un peu. Puis quand elle a vu que j'étais très mal, elle m'a dit: si tu penses suffisamment fort que ce n'est jamais arrivé, tu finiras par le croire.

Ensuite, X a envoyé toutes les conversations msn que nous avions eues à propos de ma mère (celles dans lesquelles je ne me rendais même pas compte qu'il me faisait parler, me faisait dire ce qu'il voulait) Elle me les a fourrées sous le nez. Dispute, tout est parti en vrille. Il avait livré mes confidences à la personne qui me faisait du mal. Je l'ai vécu comme une trahison. J'avais envie de mourir...Je n'avais plus personne. Ensuite, je l'ai contacté par msn pour lui dire que je ne voulais pas ce qui s'est passé et pour lui demander si il s'était au moins rendu compte que je pleurais pendant. Il a alors dit de ne plus sortir de chez moi car il avait donné ma photo à quelqu'un chargé de me faire taire. J'étais terrorisée. Pourtant je ne pouvais pas arrêter d'aller lui parler. Je voulais qu'il reconnaisse m'avoir fait du mal. Il disait qu'il avait plein de photos compromettantes de moi (et voilà pourquoi le soutif et les gros plans sur mon décolleté à la cam et comment je l'ai appris) Il a dit qu'il en ferait un site. Un site rien que pour moi avec mon nom en gros plan. C'était son boulot alors j'y ai cru. J'avais vraiment peur. Je me suis repliée sur moi même.

Je me rends compte que ce texte est très long. Et je tremble en l'écrivant. Je me rends compte aujourd hui que j'ai été manipulée. Que personne ne voulait me battre si je sortais de chez moi. Je m'en suis rendue compte longtemps après que ça se soit passé. J'ai enfin reparlé à ma meilleure amie qui m'a dit:" comment as tu pu croire que je parlais sur ton dos ou que je ne t'aimais pas. Je suis choquée tu es comme ma soeur."  Ma mère est toujours amie avec ce type.
Elle avait tort, je me suis longtemps répétée que rien ne s'était passé comme elle me l'avait conseillé mais aujourd'hui cette histoire me ronge. Que m'est-il arrivé? Je n'ai ni dit oui ni dit non. Je me suis juste laissé faire. L'image de ce type me lançant mes vêtements en me disant rhabille toi gamine tu n'es pas une vrai femme me hante...

Aujourd'hui je suis avec quelqu'un depuis 3 ans mais je ne couche pas.. Quand j'essaye j'ai très mal. Est ce en rapport? Aujourd hui je suis suivie pour un tas de problèmes liés à mon enfance mais je ne parle de ceci à aucun psy ou psychiatre. Je me sens responsable. Tout est ma faute. J'aurais du crier... Mais la petite dans la pièce à côté... ça m'a bloqué... J'ai été si naïve...Je suis très dépressive.
Je suis vraiment désolée d'avoir été si longue. J'avais tellement besoin de me vider...
Tout dormait en moi. Ca ne s'était pas passé. Ce n'était pas vrai. Pourtant l'année dernière, je me suis retrouvée à rôder en voiture autour de chez lui. Des envies de vengeance sont montées en moi. Un sentiment que je ne connaissais pas. On m'a fait beaucoup de mal mais je n'avais jamais eu envie de faire du mal en retour. Je ne cessais de passer devant chez lui la nuit sans savoir pourquoi. J'avais la rage au ventre. Je ne sais plus quoi faire.
Je me sens perdue... Pour moi, l'amour est sale. Si je fais quoi que ce soit avec mon copain, je me sens sale et fautive. Je culpabilise. de plus, je n'ai confiance en personne. Je ne suis plus comme avant. Il y a 6 ans j'étais un clown. Aujourd hui je suis une personne effacée et triste. Je suis persuadée que personne ne peut m'apprécier. Quand quelqu'un me le dit je me méfie . Je me dis qu'on finira par me trahir tôt ou tard ou que l'on me manipule comme ma mère et puis ce type. je sais que tout ceci est ma faute. Je n'ai jamais dit que j'avais été violée. C'est mon copain qui le dit et aussi un psy à qui j'en ai touché deux mots (mais pas plus car je n'arrive pas à parler de cela)
Je pense que pour parler de viol, il faut qu'il y ait de la violence. Hors, il n'y en a pas eu. Je me rends bien compte que des gens ont vécu des tas de choses bien pires. Parfois je me dis que j'exagère que ce n'est pas grave. Mais ça ne m'aide pas à me sentir mieux.

Merci de lire ce texte, même si personne n'a de réponse pour moi.
Incapable de parler, il fallait que je l'écrive. A défaut de trouver une écoute, je viens ici chercher un regard sur mon histoire.

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#2  30126

Re: Que m'est-il vraiment arrivé? Est-ce un viol?

La violence psychologique est plus grave car plus destructrice que la violence physique. Et c'est ce que vous avez vécu. Cet homme est un pervers et vous a utilisée comme un objet.
Ce serait tout bénéfice pour vous de chercher un psy auprès duquel continuer ce que vous venez de commencer à faire avec beaucoup de courage: parler et évacuer tous ces sentiments complexes qui sont en vous.
Vous avez raison de vous tenir éloignée de votre mère. Ignorant ce que fait votre psychiatre et comment il vous soigne, je ne peut que vous suggérer d'entamer une vraie psychothérapie. En tout cas, il ne peut pas vous aider véritablement tant qu'il n'a pas une idée même vague de ce qui vous est arrivé.
Votre copain a déjà montré son amour par sa patience; il devrait pouvoir vous aider à entamer une analyse. C'est une chance! Chercher un psy sérieux autour de vous. Tenez-nous au courant si vous le souhaitez. Et bravo pour votre courage!


pour un projet de thérapie en ligne, merci de me contacter par mail.

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#3  30128

Fairy
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Re: Que m'est-il vraiment arrivé? Est-ce un viol?

D'abord, je voudrais vous remercier d'avoir pris le temps de me lire et ensuite, je voudrais vous remercier de m'avoir répondu. Je suis en larme car jamais personne ne m'avait dit que j'avais du courage...
Je suis suivie depuis une tentative de suicide il y a presque un an déjà... Je ne travaille plus depuis. J'ai suivi une thérapie comportementale car je souffrais de tocs mais cela ne m'aidait pas. Pire, j'étais toujours malade et déprimée avant et après chaque séance. je suis suivie par un psychiatre pour mes troubles comportementaux mais jusqu'à présent je continue à m'enfoncer. La semaine prochaine je vais passer une journée en hôpital psychiatrique pour qu'on pose un "diagnostique" sur mon état. Ils parlent d'hospitalisation et ça me fait très peur. Ils parlent aussi de trouble de la personnalité. J'ai raconté beaucoup de choses à beaucoup de psychologues ou psychiatres depuis mon enfance mais ça je n'y arrive toujours pas. Je m'automutile de plus en plus, je me sens si coupable. Je ne dors quasiment pas.
Je pensais qu'écrire mon histoire me soulagerait mais depuis que je l'ai fait je me sens nauséeuse et je pleure. Je culpabilise d'en avoir parlé. Comme si j'avais fait quelque chose de très grave.

Merci beaucoup de m'avoir accordé un peu de votre temps.

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#4  30140

Re: Que m'est-il vraiment arrivé? Est-ce un viol?

suivre une TCC est un peu l'équivalent de casser un thermomètre quand on a de la fièvre. Il semble que vous ayez besoin de parler mais surtout d'être écoutée. Écoutée par quelqu'un qui vous écoute comme une personne et non soignée comme une malade. J'ai l'étrange impression qu'on a cherché à vous "médicaliser". Certes, après une TS, il faut bien être soignée. Mais doit venir ensuite un temps pour la parole.
"Ils parlent d'hospitalisation ": ce "ils" donne à penser que vous vous confiez aux autres, comme si vous vous ne sentiez plus capable de vous diriger.
A l'hôpital, essayez peut-être de dire que vous avez davantage besoin de parler que d'absorber des médicaments ?
Il va de soi que je ne peux que vous écouter, mais dites ce qui vous vient, si vous sentez que c'est nécessaire.


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