argi'le — 26-02-2008 05:13

J'aimerais être éclairée sur les effets "déstructurants" d'une psychanalyse.  Ici je pense à des peurs qui montent de temps en temps au fil de mon cheminement thérapeutique; à des peurs et à de l'anxiété devrais-je dire.  Dernièrement, je me disais: à force de cogner à la porte de mon inconscient, pourrais-je tomber dans la folie i.e. me perdre?!  Jusqu'à maintenant, ça ne va pas si mal de ce côté car malgré toute l'énergie que je mets à essayer de comprendre qui je suis vraiment (donc à ébranler mon inconscient), je demeure relativement "structurée".  Est-ce courant d'éprouver ce type de sentiment et de peur?  Est-il nécessaire de régresser pour mieux avancer par la suite?  Y a-t-il risque de trop régresser?

Merci à l'avance pour vos commentaires.

Christian Bodin — 26-02-2008 07:02

Bonjour,

il n'y a guere de demonstrations scientifiques de destructuration en cure de psychanalyse. Il y a des témoignages, des avis, des opinions, mais absolument rien qui mettent en cause la psychnalyse et ses soit disant effets destructeurs. Si c'était le cas, cette pratique serait mise out.
Maintenant, mon avis sur la question est le suivant.
La psychnalyse n'est pas accessible à tous. Il est nécésaire de comprendre ses réactions, ses paroles, pouvoir les analyser, se remettre en cause,et synthétiser tout cela. Ce n'est pas le cas de tout à chacun.
Dans ma pratique, je ne propose jamais un travail analytique sous cette forme, si à mon sens, le patient n'est pas en mesure d'accéder à la réflexion.

CB

penau xavier — 26-02-2008 12:12

Bonjour argi'le et bienvenue,

a écrit:

Ici je pense à des peurs qui montent de temps en temps au fil de mon cheminement thérapeutique; à des peurs et à de l'anxiété

Ceci n'est pas spécifique à la psychanalyse. Toute démarche psychothérapeutique génère de-ci de-la des anxiétés et ce pour de multiple raisons.

a écrit:

les effets "déstructurants"

Peut être que le mot déstabilisant conviendrait mieux que le mot déstructurant. Vérifiez dans votre ressenti si cela est juste ou non.

Quelle représentation vous faites-vous de votre inconscient ? Plutôt celle d'un monstre contenant plein de vilénies ou plutot celle d'un alié qui ne cherche au fond que votre bien, même si le chemin est difficile, ou plutot tout autre chose que l'une ou l'autre de ces deux propositions?

a écrit:

Y a-t-il risque de trop régresser?

Normalement votre thérapeute est un guide éclairé.

Cordialement

penau xavier — 26-02-2008 12:14

Pourquoi avez-vous coupé votre pseudo en deux? argi-le :)

argi'le — 27-02-2008 01:30

Oui, en effet, il s'agit plus du sentiment d'être déstabilisée.  Lorsque j'ai écrit "déstructurée" je pensais à la personnalité qui se construit avec les années, avec les mécanismes de défense qui se mettent en place, lesquels permettent à l'individu de cheminer dans la vie.  Avec l'analyse, j'ai le sentiment de "tasser" les murs graduellement i.e. de "déstructurer" pour reconstruire d'une manière plus vraie je l'espère.  Ce faisant, une anxiété surgit parfois.

Concernant ma perception de l'inconscient, je crois que je le voit en partie comme un espace mystérieux en moi.  Comme il se manifeste de façon surprenante parfois et de façon désagréable à d'autres moments (peurs, anxiétés, ...) c'est vrai que je suis aussi parfois apeurée devant ce mystère.

Argi-le n'est pas coupé en deux, mais réuni par un trait :-)
Peut-être aussi est-ce une représentation de moi et mon inconscient maintenu par le lien " - " ou de cet inconscient que je maintien à distance par le trait?

Merci beaucoup d'avoir porté attention à ma question sur les impacts d'une psychanalyse.