Woody Richard — 02-09-2011 14:03

En ce moment, plus j'avance dans mon analyse, plus je me rends compte (j'allais écrire rencontre, amusant lapsus) que j'existe en dehors du langage, qu'il y a un espace en moi qui n'est pas constitué de représentations linguistiques de moi même mais qui est simplement fait d'affects en tous genres, d'envies, de désir, de peur, de haine et de violence parfois. La preuve, je la trouve simplement dans la pratique de l'analyse elle même : je parle tout seul, dans le vide, ça se déroule, et la question qui me vient naturellement face à ce renvoi du langage sur lui même, c'est "mais bordel, QUI est en train de parler ? Puisque je peux observer ce langage et porter un regard méta critique sur lui, QUI observe ? QUI parle ? D'où vient cette foutue parole ? QUI associe ces idées les unes aux autres puisque ce n'est pas moi qui choisit consciemment de les associer ?" Ces questions me font peur mais en même temps je sens qu'elles sont très importantes et que justement, peut être que se laisser aller à vivre sans chercher à tout catégoriser par le langage, en suivant cette "chose" qui m'anime un peu malgré moi, c'est ça le but de la psychanalyse. Est-ce cela, faire l'expérience de son propre inconscient ? Mais mon psy ne me répond pas vraiment là dessus.

Cet espace là me fait à la fois très peur parce que je le connais mal, et en même temps quand je le suis et que je me "laisse faire", j'ai une sensation de bien être, de facilité, de libération, de vie fluide et sans trop de problème "sur ajouté" - ce qui est plutôt mon quotidien depuis que je suis gamin. J'ai aussi peur que cet espace là ne soit fait que de violence et de haine, bref, j'ai peur de devenir cinglé et de perdre le contrôle (encore une résistance névrotique à mon propre inconscient) à cause de ce que l'analyse révèle en moi.

Je voulais juste savoir si d'autres analysants ressentent ça, si c'était "normal", ou alors si j'étais juste en train de réellement devenir fou et psychotique. Je ne veux pas non plus que mes pulsions régissent entièrement ma vie, est-ce le risque que je prends en continuant l'analyse ? Comment concilier ce nouvel espace que je découvre avec les anciennes représentations que je pouvais avoir de moi même (et que je découvre avec effroi qu'elles étaient pour la plupart complètement artificielles et "fausses") ?

georgesN — 02-09-2011 23:18

QUI associe ces idées les unes aux autres puisque ce n'est pas moi qui choisit consciemment de les associer ?
les spécialistes du cerveau les plus en pointe de même que les psychanalystes auraient aujourd'hui la conviction qu'une des meilleures définitions de l'intelligence serait la capacité à associer!
L’inconscient est structuré comme une langage disait Lacan; COMME !

Je ne veux pas non plus que mes pulsions régissent entièrement ma vie, est-ce le risque que je prends en continuant l'analyse ?
>>>Wo es war, soll Ich werden