Marine — 07-02-2008 17:59

Bonjour,
Encore une petite question concernant un concept qui me semble flou !

Lorsqu’on aborde l’Analyse d’une phobie chez un petit garçon de 5 ans (Freud), on associe souvent l’amélioration de l’état du petit Hans à une tentative d’imaginarisation d’une prévisibilité, d’une probabilité.

La phobie est à comprendre comme un état d’alerte permanent. Le sujet tente d’anticiper continuellement la survenue de l’objet pathogène. Il est donc dans une attente anxieuse. C’est du moins cela que je conçois la phobie. Ainsi, cette anticipation explique la notion de « prévisibilité » évoquée ci-dessus.

Néanmoins, je ne vois pas en quoi consiste l’ « imaginarisation »

-Marine-

penau xavier — 07-02-2008 23:08

Bonsoir Marine,

Je vous propose de jouer intuitivement sur la comparaison suivante :

Imagination <-----> imaginarisation

Bon amusement à vous et aux plaisirs de lire bientôt vos trouvailles

Marine — 08-02-2008 10:52

penau xavier a écrit:

Je vous propose de jouer intuitivement sur la comparaison suivante : Imagination <-----> imaginarisation

Bonjour !

J’ai bien vu le rapport/lien/croisement entre « imaginaire » et « imagination ».

L’imaginaire, selon Lacan, ce n’est pas le fantasme, ni l’imagination d’ailleurs. L’imaginaire fait référence aux effets de l’image. L’imaginaire est le caractère formateur de l’image (l’image du corps plus particulièrement). C’est donc le registre de l’identification, mais aussi du leurre (ce n’est qu’une image...).
L’imagination, quant à elle, est en rapport avec l’invention, la créativité, l’inspiration, la fantaisie, etc.

Alors, l’imaginarisation serait à comprendre comme une capacité à créer/inventer/imaginer une image ?
L’imaginarisation d'une prévisibilité correspondrait aux moyens que se donne le sujet pour identifier/imaginer ce qui va se passer ? Mettre en images et songer à d’éventuels événements futurs ? Se préparer à des situations possibles dans l’avenir ?

-Marine-

penau xavier — 08-02-2008 15:21

Autre comparaison intuitive si vous voulez bien...

prévisibilité <----> probabilité <----> situations possibles

Marine — 08-02-2008 15:52

penau xavier a écrit:

prévisibilité <----> probabilité <----> situations possibles

Et bien, disons qu’il y a une très légère différence entre prévisibilité et probabilité, bien que ces deux notions soient proches. Dans les deux cas, on est « en attente ».

La prévisibilité renvoie à quelque chose qui va/doit/peut se passer. C’est bien plus qu’une supposition, mais ce n’est pas encore une prédiction. Prévoir, c’est anticiper la réalisation vraisemblable d’un événement, d’une situation, d’un comportement, etc.  En d’autres termes, on se sert des éléments et des faits présents pour en déduire ce sur quoi ça risque de déboucher. C'est en cela que ça se rapproche de la notion de probabilité...

La probabilité fait référence à un calcul. On peut l’apparenter à la notion de chance (ou malchance). Le sujet opère par raisonnement et spéculation. Il estime les chances pour que tel ou tel événement ait lieu.

Dans les deux cas (prévisibilité et probabilité), on retrouve la dimension de futur, que ce soit un futur proche ou lointain.

Quant aux situations possibles, euh… ça veut dire ce que ça veut dire ! On comprendra cela comme des situations réalisables, envisageables, faisables, etc. Ca répond à une certaine logique. Finalement, c’est le contraire des situations irrationnelles ou inexécutables.

Merci de prendre le temps de me lire !!

-Marine-

penau xavier — 08-02-2008 17:55

La capacité à créer/inventer/imaginer une image ne serait-elle pas plus étroite dans la prévisibilité que dans la probabalité ?
Le nombre de situations possibles envisageables en est alors différent...

Thérapeute — 08-02-2008 18:58

Et même sans limite, pour un sujet anxieu c'est la voie royale !! de l'angoisse pure en 3D, plus de situation d'attente, encore mieux que phobie ..

penau xavier — 08-02-2008 22:57

a écrit:

Et même sans limite, pour un sujet anxieu c'est la voie royale

En êtes-vous bien sur? Si le nombre de situations possibles envisageables est sans limite, pourquoi notre sujet anxieux ou phobique ne saurait alors projeter des situations possibles envisageables qui lui permettent justement de sortir de sa phobie ou de son angoisse?

Bien cordialement

Thérapeute — 09-02-2008 12:07

Hum,avancer des certitudes dans ce domaine...non , formuler une hypothèse, une source de réflexion; l'idée du "sans limite" correspond au sujet qui n'est pas en soin, votre propos je crois concerne une approche alternative qui pourrait être proposée dans le sens: ok vous avez des angoisses et/ou phobies, vous vous générez des projections possibles anxiogènes , pourquoi ne pas essayer d'en projeter des positives afin d'enrayer votre process.. induire l'alternative à l'automatique.
ce dont je parle est du sujet , non  patient, qui va se projeter dans des pensées irrationnelles, voire délirantes, là ou les critères 'classiques' des phobies, relativement répertoriées, n'ont plus place..Nous dépassons certe la simple névrose ou phobie, je pense que ce cas de figure peut se mettre en place chez le sujet dont ni l'entourage, médecin traitant.. ou lui même n'a pu ou su l'amener à une prise en charge

penau xavier — 09-02-2008 16:35

a écrit:

l'idée du "sans limite" correspond au sujet

Dans mon propos, l'idée du sans limite ne correspond pas au sujet mais à la capacité même de l'imaginaire et de l'imaginarisation. Un imaginaire sans limites qui ne produit que des scénari catastrophes est, de fait, un imaginaire limité puisqu'il ne fait rien d'autre que produire des scénari de même(s) catégorie(s).

Le passage de l'imaginaire à l'imaginarisation corresponds, peut être, à cette possibilité de sortir des scénari répétitifs de même(s) catégorie(s), pour accéder à d'autres, capacité indispensable pour sortir de la phobie.

J'entends bien votre notion du sans limite attachée au sujet et non plus à l'imaginaire et vous rejoinds alors sur la voie royale de l'angoisse  qui est autre, me semble t'il,  que "la voie étroite"  de la phobie.

bien cordialement

Thérapeute — 09-02-2008 16:43

les scénari ne sont pas toujours catastrophes! il y en a qui restent "collé" dans un fantasme ,une quète d'un graal