Fleurs2Passion — 21-09-2009 12:42

George N à, dans une réponse, cité Freud : "Freud explique fort ajustement que l'amour est une recherche souvent tragique de retrouver l'amour parfait, celui qui comble et qui apaise: l'amour reçu de la mère."


Pour ma part, j'ai été accueilli dans la haine par une mère.

Vous comprendrez aisément alors que ce mot "reçu" me fait sursauter. Pour ma part, c'est justement cet amour non reçu que j'ai recherché des années durant. Et c'est le jour où j'ai eu le courage de regarder la réalité en face que j'ai commencé à aller mieux.  Ce jour là, j'ai pu commencer à faire le deuil de la mère aimante, j'ai pu cesser de me mentir à moi-même et de fantasmer un amour qui n'avait jamais existé . Ce jour là, petit à petit, j'ai pu m'ouvrir aux autres.

Par ailleurs, vous parlez de "compréhension" de la mère dans la suite de votre message. Qu'entendez vous par là ? Pour ma part, (je ne puis parler que de moi) j'ai passé mon enfance justement à essayer de comprendre cette mère, au détriment de moi même. J'ai quasiment cesser d'exister.
Est-ce dans ce sens que vous entendez "compréhension" ?

Bien à vous

georgesN — 22-09-2009 08:38

je ne me permettrai aucun commentaire sur votre vécu personnel.
Pour la "compréhension", elle présuppose que soit dépassée la relation d'asymétrie parent-enfant, donc d'arriver à un certain stade de maturité; d'autre part que ce travail soit "accompagné" par un psy. Sa parole introduit du "tiers" indispensable.

Fleurs2Passion — 22-09-2009 09:27

Bonjour,

Je vous remercie de votre réponse

En fait, je me demandais si Freud partait du principe que toute mère aimait forcément son enfant (quand il emploie le mot "retrouver" qui pour moi suppose d'avoir connu un jour cet amour) ?

georgesN — 22-09-2009 09:39

non, Freud est un scientifique, donc un pragmatique et pour lui, le cas général est celui d'une mère aimante. Mais ses rapports à sa mère étaient très tourmentés et il faudra des penseurs comme Mélanie Klein ou René Spitz pour comprendre la complexité de ces rapports.
Enfin les théoriciens de l'attachement, derrière Bowlby, apporteront un éclairage capital.
Avez-vous pensé à comment se construisait l'appareil psychique d'enfants confiés à leur naissance à l'institution et donc à des mères de substitutions?

Fleurs2Passion — 22-09-2009 14:37

Avez-vous pensé à comment se construisait l'appareil psychique d'enfants confiés à leur naissance à l'institution et donc à des mères de substitutions ?

Si j'ai bien compris votre question, j'ai bien l'impression que ce sont des enfants en grande souffrance à moins que la mère de substitution soit en mesure de donner de l'amour à ces enfants et pas seulement des soins physiques.
Il y a une forme d'immense désespoir qui accompagne l'enfant dans ce manque d'amour maternel. Et effectivement une forme d'inertie.
Je suis tout à fait d'accord avec ce que j'ai compris de l'attachement vu par John Bowlby.

Pensez-vous que lorsque cet attachement existe entre la mère et l'enfant, l'être humain devenu adulte le recherche constamment ? Ce besoin d'être aimé n'évolue pas naturellement vers un amour plus mature, donc moins fusionnel,  lorsque l'individu grandit ?

georgesN — 22-09-2009 23:04

"donner de l'amour à ces enfants et pas seulement des soins physiques" si vous aviez bien "intégré" la théorie de l'attachement vous ne diriez pas cela car justement les soins sont perçus comme une présence "secure"; il vous faudrait pousser votre investigation vers Mary Ainsworth et Mary Main. René Zazzo avait fait un petit bouquin très concis et clair.
voir les premières lignes de: http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9or … ttachement

Fleurs2Passion — 23-09-2009 10:31

car justement les soins sont perçus comme une présence "secure";

En écrivant mon texte, je pensais à ce reportage que j'ai vu sur certains orphelinats ou les enfants sont changés et nourris (ils reçoivent donc les soins de "bases") mais n'ont pas d'autres contacts, notamment affectif, avec leur nourrice. La mortalité est particulièrement élevés chez ces nourrissons qui  développent par ailleurs, de graves troubles de la personnalité. J'avais été très touchée.

Je n'ai pas le sentiment des soins donnés sans amour puissent être réellement sécure.

Merci du temps que vous m'avez accordé. Je vais prendre le temps de lire les auteurs que vous m'avez conseillé.
Bonne journée

Fleurs2Passion — 23-09-2009 10:36

Je viens d'aller sur le lien que vous m'avez donné.
C'est déjà très intéressant ce que je lis, je vais continuer mon exploration :-)
Merci encore  vous.

georgesN — 23-09-2009 11:04

j'ignore tout de votre niveau de culture psy aussi vous trouverez vous-même vos propres pistes. Une des pistes de départ pourrait être l'expérience de Harlow sur les singes rhésus. Une autre direction, dans le domaine psy de la petite enfance pourrait être: Loczy ou le maternage insolite  de  Myriam David, Geneviève Appell 
ainsi que Fantômes dans la chambre d'enfants de Selma Fraiberg. Plus facile d'accès que M.Main, M.Ainsworth ou Bowlby
Bonnes lectures