Marine — 30-10-2008 19:11

Intéressée par tout ce qui concerne le handicap (moteur, mental, sensoriel, psychique), je m’interroge sur le lien entre « psy.. » et handicap.
Mes diverses lectures et mes connaissances en tant qu’étudiante en psychologie, m’ont menée à une multitudes de théories, constats, problématiques, etc… Du coup, j’avoue avoir du mal à condenser toutes ces données...
Ainsi, je fais appel à votre savoir et vos expériences pour me guider.

- Est-ce qu’on peut dire que le sujet handicapé est tributaire d’un double symptôme ? Le premier étant physique/organique/génétique (symptôme médical) et le second étant à comprendre comme l’expression d’une plainte et/ou d’un message inconscient (symptôme analytique) ?
- Quelles notions psychanalytiques peuvent être associées au cas particulier du handicap ? Et comment les adapter et les interpréter ? En d'autres termes, j’aimerais savoir si les notions de fantasme, de transfert, de corps, d’identité, etc. sont différentes selon que le sujet soit « normal/sain » ou handicapé.
- La psychologie et la psychanalyse ne visent pas la réduction ou la guérison du handicap (c’est plutôt le rôle de la médecine). Mais qu’est-ce que le sujet vient chercher quand il s’adresse à un « psy… » ? Quel est son but ou son interêt ? Est-ce seulement une quête d’écoute, de compréhension ; un besoin de faire part d’une certaine douleur ?
- …

J’ai encore tant d’autres interrogations relatives au lien psy – handicap. Mais je préfère m’arrêter là pour ce soir !

georgesN — 30-10-2008 21:47

une petite remarque: mes collègues psy (analytiques) en charges de personnes handicapées ont pour souci principal de leur permettre d'accéder au statut de personne, dans toutes ses dimensions; ce statut leur étant très fréquemment dénié par l'institution.

penau xavier — 01-11-2008 00:39

a écrit:

je m’interroge sur le lien entre « psy.. » et handicap.

Comment (et éventuellement dans quel but) interrogez-vous ce lien?

a écrit:

Est-ce qu’on peut dire que le sujet handicapé est tributaire d’un double symptôme ?

Questionné ainsi, c'est faire abstraction (voir faire déni) du fait qu'un sujet handicapé est d'abord tributaire d'un handicap et "ignorer" qu'un handicap n'est pas un symptôme.

a écrit:

Quelles notions psychanalytiques peuvent être associées au cas particulier du handicap ?

Pensez-vous vraiment que le handicap n'est qu'UN ?
Et en quoi serait-il  UN CAS (particulier?)

a écrit:

à comprendre comme l’expression d’une plainte et/ou d’un message inconscient

Les "bugs" génétiques, chimiques, biologiques, structurels, e.t.c. sont-ils et tous et obligatoirement l'expression d'une plainte et/ou d'un message inconscient????

a écrit:

selon que le sujet soit « normal/sain » ou handicapé.

Ce qui sous entend (hélas!!!!) qu'un sujet handicapé ne peut être (psychiquement) "normal/sain"!!!

a écrit:

Mais qu’est-ce que le sujet vient chercher quand il s’adresse à un « psy… » ?

Ca vous surprendrait de découvrir que "ce" sujet, quand il s'adresse à un psy, puisse venir y chercher exactement la même chose qu'un sujet "normal/sain" ?

a écrit:

Est-ce seulement une quête d’écoute, de compréhension ; un besoin de faire part d’une certaine douleur ?

Et pourquoi ça se résumerait à "seulement" ça ? Les handicapés ont une vie...comme vous et moi !!!
Les sujets handicapés viennent parfois consulter spécifiquement pour leur handicap et très souvent pour les mêmes raisons que tout un chacun....
Et donc ceci (qui vient de mon collègue et non de vous):

a écrit:

mes collègues psy (analytiques) en charges de personnes handicapées ont pour souci principal de leur permettre d'accéder au statut de personne, dans toutes ses dimensions

est un peu désopilant.....